17 mar 2011
Centrale nucléaire de Fukushima : Les raisons de l’accident
Le Japon subit à l’heure actuelle l’une des plus lourdes séries de catastrophes naturelles de son histoire. Ce pays pourtant préparé à des conditions extrêmes se retrouve au bord de la catastrophe nucléaire. La centrale nucléaire de Fukushima après avoir encaissé un séisme de magnitude supérieure à 8,9 puis submergée par un tsunami de plus de 10 mètres, se retrouve en situation critique avec ses 4 réacteurs proche de l’état de fusion nucléaire.
Que s’est-il-passé ?
Comme on peut le voir sur le schéma, pour son bon fonctionnement la centrale nucléaire est alimentée électriquement pour faire fonctionner ses systèmes de refroidissement et de sécurité. En cas de panne du générateur d’électricité, un générateur de secours prend le relais et permet le bon fonctionnement des divers systèmes.
Dans le cas de Fukushima, la structure de la centrale résiste au séisme et au tsunami, en revanche le tsunami noie l’alimentation principale et la coupe. L’alimentation de secours se met en route et enclenche le système de sécurité réduisant de 90% les réactions de fission dans le cœur. Malheureusement le tsunami est plus important que prévu et il atteint le second générateur d’électricité, le coupe également et prive ainsi les réacteurs de leurs systèmes de refroidissement.
Le cœur du réacteur privé de refroidissement se met à chauffer, les gaines métalliques entourant le combustible commencent à s’oxyder et dégagent de l’hydrogène, il y a un forte génération de vapeur et le niveau d’eau diminue jusqu’à ce que le combustible ne soit plus immergé, la température du cœur augmente encore plus, l’étanchéité des gaines métalliques est réduite laissant passer des éléments radioactifs tel que du Césium 137.
La pression est trop haute dans le cœur. Pour éviter l’explosion catastrophique de celui-ci, les ingénieurs de la centrale vont le dépressuriser en dégageant ces gaz vers l’enceinte de confinement primaire puis vers l’enceinte de confinement secondaire. A terme la pression augmente dans l’enceinte secondaire et c’est là qu’a lieu l’explosion. L’enceinte secondaire est percée et des gaz sous pression en provenance du coeur de combustion sont dégagés petit à petit à l’air libre.
Et la fusion dans ce scénario ?
Dans le cas d’une hausse trop importante de la température dans le cœur. Les gaines de protection se mettraient alors à fondre provocant la fusion du combustible. Des matières hautement radioactives se rependraient alors dans l’enceinte primaire. Les températures extrêmes feraient fondre la paroi de l’enceinte primaire laissant le combustible en fusion à l’air libre.
Quelles sont les solutions ?
Une seule solution, refroidir le cœur du réacteur, les possibilités d’actions sont nombreuses, mais les conditions extrêmes et urgentes nécessites des moyens rapides. C’est pour cette raison qu’on a pu voir des hélicoptères verser de l’eau de mer sur les réacteurs. Une autre solution consiste à rétablir l’électricité dans le système de refroidissement de la centrale, cette solution est la plus fiable mais demande du temps à être mise en place. La TEPCO (Tokyo Electric Power Company) est chargée de cette mission mais n’a pas encore pu approcher la centrale à cause des radiations trop importantes.

Notre production d’énergie en France étant majoritairement nucléaire, avons-nous les mesures de sécurité adéquates.
Plus important, quels seront les impacts de cette explosion sur la biodiversité?
Joachim
mars 17th, 2011 at 18 h 56 minpermalink
Les risques de catastrophe naturelle étant moins important en France qu’au Japon, la sécurité est principalement centrée sur la résistance à une attaque militaire ou terroriste. Mais le cas du tsunami Japonais nous montre que même ce qui semble impossible doit être envisagé. Je pense que le risque zéro n’existe pas !
Notre parc nucléaire est selon ses fabricants le plus sûr au monde. Malheureusement ce n’est pas le cas chez tous nos voisins Européens. Aujourd’hui des centrales de même type que celle de Tchernobyl sont encore en activité !! C’est le plus gros problème de sécurité auquel nous sommes confrontés à l’heure actuelle.
En ce qui concerne la biodiversité, elle sera malheureusement fortement touchée, particulièrement dans les environs de la centrale. On peut donner à titre d’exemple une variété d’huitre que l’on trouve dans cette partie du Japon et qui constitue une place importante de l’économie de la pêche régionale. Cette variété est amenée à disparaitre assez rapidement.
C’est cette même variété qui avait été prêté à la France au moment de la pénurie dans nos mers. Il semble logique de leur rendre la pareille, mais avant de réintégrer quoi que se soit, il faudra régler le problème des radiations dans la zone !
Ce n’est malheureusement qu’une infime partie des problèmes engendrés par cette catastrophe.
Benjamin
mars 18th, 2011 at 9 h 53 minpermalink
Bonjour Benjamin,
Bravo pour ton article sur le blog de Clément. Vous êtes vraiement très fort dans cette génération !!
Je suis moi aussi l’affaire de Fukushima. je t’ai envoyé la lettre de EDF Chine qui présente plusieurs artilcles.
Continuez à faire des choses formidables
Bravo
JL
jacques Leger
mars 31st, 2011 at 19 h 44 minpermalink