9 mai 2011
Gaz de schiste : Entre opportunité énergétique et menace environnementale
Les débats concernant l’énergie sont de plus en plus nombreux et occupent une part importante de notre actualité. On peut citer par exemple la question du nucléaire en France, du calcul du prix du gaz, ou les engagements gouvernementaux à favoriser l’investissement dans des énergies durables et/ou propres.
Parmi ces débats, il y a celui de l’exploitation du « gaz de schiste » ou gaz « non conventionnel », qui suscite de nombreuses polémiques et manifestions et dont on ne connait pas vraiment les enjeux économiques et écologiques.
Qu’est ce que le gaz de schiste?
Le gaz de schiste est un hydrocarbure que l’on trouve dans des roches sédimentaires argileuses à une profondeur de 1 à 3 km sous terre. Ce type de gaz est dit gaz « non conventionnel » car les roches dans lesquelles il est enfermé sont extrêmement compactes et imperméables ce qui rend l’extraction de ce gaz plus compliqué. Pour rompre cette couche solide on injecte une grande quantité d’eau sous pression qui va fracturer la roche. Le gaz qui s’en échappe est collecté horizontalement à l’aide de tube en acier qui le dirige jusqu’à un gazoduc.
Ce procédé qu’on appelle « fracturation hydraulique » n’était pas encore utilisé il y a 15 ans, et aucune technologie ne permettait l’extraction de ce type de gaz. Aujourd’hui il est extrait en très grande quantité, notamment aux Etats Unis où il représente 12% de la production locale de gaz contre 1% en 2000 ! Certaines études vont jusqu’à annoncer que les réserves mondiales en gaz de schiste seraient quatre fois plus importantes que celle en gaz conventionnel !
Quel intérêt énergétique?
La découverte de tels gisements permettrait à un pays comme la France d’accentuer son indépendance énergétique, et ainsi mieux maîtriser ses approvisionnements en gaz ce qui à terme réduirait le prix de celui-ci et en ferait la source d’énergie la plus rentable !
L’intérêt est également économique, certains pays se retrouveraient avec des ressources plus de 100 fois supérieures à leurs besoins en gaz, ils pourraient alors devenir producteurs et approvisionner d’autres pays. En théorie, cette opportunité réduirait encore plus le prix du gaz en brisant le quasi monopole actuel des principaux pays producteurs. En pratique elle pourrait surtout avoir un effet de bombe géopolitique qu’il vaut mieux prendre avec des pincettes !
Et l’impact environnemental ?
Vous l’aurez compris, ce n’est pas « La » solution miracle ! Elle possède de nombreuses conséquences environnementales qui sont la source (entre autre) du débat actuel. Tout d’abord car le gaz n’est pas une source d’énergie propre et durable et que sa consommation est synonyme d’effet de serre. Ensuite le procédé d’extraction utilise des produits polluants qui vont devoir traverser les nappes phréatiques pour atteindre les schistes et vont se répandre dans l’eau de ces nappes. Enfin la « fracturation hydraulique » demande une quantité d’eau très importante. A l’heure où l’eau est devenue une denrée rare, une telle pratique est considérée comme un gaspillage dramatique par les anti-gaz-de-schiste !
Le débat prend également une tournure politique, les acteurs du domaine de l’énergie s’étant engagés à investir massivement dans les énergies propres et renouvelables, on se retrouve avec un grand nombre d’entre eux qui lancent des projets de forage au nom de l’indépendance énergétique. C’est cette même indépendance qui a permis il y a quelques années l’installation du parc nucléaire Français !
